Showing posts with label francais. Show all posts
Showing posts with label francais. Show all posts

Friday, January 9, 2015

501ème anniversaire de la mort d'Anne de Bretagne

Anne de Bretagne, née le 25 janvier 1477 à Nantes et morte le 9 janvier 1514 à Blois,
duchesse de Bretagne et, par ses mariages, deux fois reine de France.
Mon personnage préféré de l'histoire de la France.

Sunday, November 6, 2011

Revue de livre "Charly 9" de Jean Teulé

C'est ma première lecture de Jean Teulé mais je me déclare déjà presque conquise par le style du romancier, qui deviendra bientôt mon préféré. Autant de symbolisme, de profondeur et en même temps d'ironie et de sarcasme (à la fois comique et tragique), sont difficiles à trouver ailleurs.

Le destin de Charles IX m'était assez familier avant de choisir ma lecture, pourtant, le roman m'a profondément impressionné par une perception différente du personnage.

L'action débute par le complot du massacre, mis en place par Catherine de Médicis, Henri d'Anjou et le conseil de gouvernement. Je laisse de côté mon propre avis sur les vrais organisateurs, car c'est un roman et pas une biographie, donc les erreurs historiques sont acceptées. La veuve noire et Ses Yeux Chers arrivent à convaincre Charles de la nécessité du carnage en évoquant les arguments suivants:
- Éviter de lutter en Flandre contre l'Espagne catholique
- Utiliser le prétexte pour se débarrasser de Coligny, mauvais conseiller du roi selon Catherine
- Prévenir l'enlèvement de la famille royale comploté par les protestants
- Stopper les protestants qui s'emparaient déjà des villes et égorgeaient les catholiques

Le procédé employé par l'auteur pour montrer l'accroissement de l'effroi de Charles vis à vis des comploteurs est tout à fait troublant: «deux morts?», «six morts?», «cent morts?», «mille morts?», «trente mille morts?» Ce n'est qu'une répétition qui préfigure et augmente la tragédie.

La phrase «Ce ne sont quand même que des protestants» révèle une attitude inhumaine envers une religion qui n'est pas encore reconnue. Selon la mentalité des catholiques, le massacre ne devait être qu'une «grande lessive» approuvée par Dieu.

Charles n'a jamais voulu être roi, fait confirmé par le portrait qu'on lui fasse dans l'ouvrage et par ses propres mots. D'une certaine façon, le roi essaie de minimiser son rôle dans le massacre à celui d'un simple témoin, accablé par le malheur, incapable de prendre des décisions. «Agis comme tu veux, mamma. C'est ta décision...»

Les cris épouvantables des corbeaux «Quoi», «Crois» et «Croa» le jour de 24 août 1572 symbolisent la stupéfaction générale juste après le carnage, et la mort qui dominait le paysage.

Charles se rend compte à plusieurs occasions que son copain Henriot (futur Henri IV) «pue», mais c'est juste une métaphore utilisée par le roi pour se moquer de son esprit hésitant entre les deux religions, qui l'ai aidé en effet à survivre le massacre et à conserver ses chances à la couronne de France. Celui qui pue n'est pas franc avec les autres, il cache sa vraie identité.

Charles IX l'homme nous est révélé en toute splendeur dans les dialogues avec sa mère, Elisabeth, Henriot et Ambroise Paré.

Très jeune, au début de son règne, Charles commence à désirer la mort immédiatement après la St. Barthélemy: «Dois-je me retirer dans ma chambre ou dans quelque désert ou sous quelque rocher? Où fuir?» Sa propre phrase annonce sa mort pré-mature, perçue sans doute comme un refuge.

Le motif de l'autruche est très important dans la tentative de l'auteur de nous rendre le portrait fidèle du roi: «les autruches se mettent la tête dans le sable pour ne plus avoir à regarder les problèmes en face. Sinon, c'est un oiseau coureur.» On reconnaît facilement le caractère de Charles dans cette courte description: roi par hasard, né pour ne pas gouverner, aime laisser aux autres la liberté de prendre des décisions pour s'en débarrasser, et chasser en toute liberté. «Aux civilisations, je préfère les paysages.»

Après le massacre, Charles voit et sent des remords et reproches partout, même dans sa soupe: «là aussi, c'est plein d'yeux écarquillés de reproches qui me regardent!» Malheureusement les remords vont se transformer en obsession, l'obsession en maladie, qui va aboutir à sa mort au bout de deux ans après le malheureux événement. D'autant plus que toute la Chrétienté et le pape le considère comme «le vengeur du ciel», tandis qu'en vérité il n'est qu'un «jeune roi tueur».

Contre toute attente, quand le roi apprend la naissance de sa fille il se sent soulagé de ne pas laisser un héritier mâle à la postérité.  Un garçon, futur roi, lui aura-t-il sans doute reproché son pire exploit et il n'aurait pu justifier son acte.

Quand la démence s'accentue, Charles passe par plusieurs états d'esprit – il tue son chien, il a des crises de nerfs, des accès de fureur, (il se venge contre les animaux, mais en fait c'est après les hommes qu'il est fâché).  «Je ressemble à ces chiens qui sont entrés dans l'eau et qui ne peuvent regagner le bord car le courant les emporte si bien qu'en nageant toujours à la fin ils se noient.»

A un certain moment de sa folie, Charles manifeste son envie de tuer tout son peuple pour faire les gens oublier le massacre, et le bourreau lui devient un bon ami car ils semblent avoir trouvé beaucoup d'affinités.

En ce qui concerne l'aspect physique de Charles après la St. Barthélemy: «A vingt-trois ans, le roi aux rides profondes donne l'impression d'être âgé de plus de double...» - il est un homme consommé.

Vers sa fin, le symbolisme s'accentue, notamment quand il s'agit de l'immense quantité de sang perdu par Charles pendant sa maladie: «C'est tout le sang que j'ai fait verser qui ressort par ma peau!» La maladie est probablement survenue comme résultat de son bouleversement intérieur, son regret pour l'acte commis: «La honte me dévore autant que la douleur...»

«L'enfer, je l'ai déjà vécu sur terre.» - voilà les considérations d'un jeune homme extrêmement marqué par son destin. Du coup, l'autopsie du cadavre du roi relève un «cœur flasque et comme desséché: toute l'humeur aqueuse, habituellement contenue dans le péricarde, ayant disparu.»

Le final s'avère bien triste pour Charles aussi bien que pour nous, les spectateurs. Inévitablement, le roi est bientôt oublié et la guerre recommence. Il n'a été donc qu'une victime de son temps. Avec ou sans lui, le massacre de la St. Barthélémy aurait eu lieu.

Grâce à un décor et des scènes assez statiques, le livre de Jean Teulé pourrait facilement être joué comme une pièce de théâtre. Les commentaires sont inutiles, je vous invite à lire...

Sunday, October 23, 2011

"La guerre des trois Henri" – dernières impressions

Je viens de finir la lecture de deux premiers romans de la trilogie "La guerre des trois Henri": "Les rapines du duc de Guise" et "La guerre des amoureuses" de Jean d'Aillon. Des romans plutôt historiques et d’aventures que policiers (trouvés au rayon des romans policiers...), mais assez charmants par leurs intrigues et machinations. L’auteur est visiblement tenté d’imiter le vieux Dumas, auquel il fait référence à plusieurs occasions, mais reste encore loin de ses aspirations. Parfois l’action se déroule trop rapidement et il y en a trop de personnages à suivre. Intéressant et captivant quand même... Je vais chercher le dernier tome: "La ville qui n’aimait pas son roi", pour finir la lecture de la trilogie et tirer une conclusion plus définitoire sur le style d’Aillon.

Wednesday, January 12, 2011

Repères historiques du mois de janvier

1er janvier 1515
Renaissance - la restitution de belles-lettres… une nouvelle époque commence. Un roi chevalier, lettré, amoureux et politique d’une taille imposante, vêtu de blanc, accède au trône de la France, François I. Il va veiller sur son royaume pendant 32 ans, décidé d’affermir le pouvoir royal, de protéger son peuple et de transformer les arts dans une religion. La plus belle et prospère période du XVIe siècle français débute ainsi sous les auspices de la salamandre qui "nourrit le bon feu et éteint le mauvais".

5 janvier 1589
Cette fois la France est vêtue de noir. La Florentine reine de France, nièce de pape, mère de trois rois, est morte à Blois, à 70 ans, finalisant une époque de conflits religieux sanglants dont elle a toujours été l’arbitre. Savante, constructrice et diplomate, Catherine de Médicis a fait une carière exceptionnelle de femme politique dans un siècle qui n’a pas su l’apprécier. Légendaire veuve noire, image créée par les romanciers, Catherine a encore besoin de notre soutien pour restituer sa réputation de mécène des arts, de la science et de la tolérance politique et religieuse.

8 janvier 1499
La chapelle du château de Nantes ressemble une nombreuse audience à l’occasion du second mariage d’Anne de Bretagne avec le roi de France, Louis XII. Action politique menée à maintenir la Bretagne rattachée à la France après la mort de Charles VIII, le traité de mariage était beaucoup plus favorable à Anne, qui a désormais la maturité et les circonstances nécessaires de régner comme une vraie souveraine, sans aucune influence féminine dans son entourage.

9 janvier 1514
Anne de Bretagne quitte ce monde à Blois âgée seulement de 38 ans, entourée de ces proches, en confiant sa fille Claude à Louise de Savoie, dont le fils François elle accepte finalement comme futur gendre. La dernière reine de France dont la main vaut une province... Cataloguée comme "une bonne Bretonne et une mauvaise Française", Anne a été en fait une autre Isabelle de Castille, autonome, autoritaire, fortement politique dans ses choix personnels - une véritable reine.

19 janvier 1544
Une vie courte et amère pour le roi de France François II, nait à Fontainebleau en 1544, fils de Henri II et Catherine de Médicis et mort 16 ans après... Predestiné à un grand avenir comme son aïeul François I, dont il hérite le nom, il n’a pas eu le temps de s’affirmer. Inexpérimenté et de santé fragile, dominé par deux figures fortes: sa mère et son épouse (Marie Stuart) et influencé par les Guise, François II sauve la France d’un échec politique imminent en mourant d’une otite devenue un abcès.

26 janvier 1477
Tous les événements importants de la vie d’Anne de Bretagne se déroulent en hiver. Le premier est même sa naissance à Nantes en 1477. La loi salique ne jouant pas en Bretagne, après la mort de son père, le duc François II, elle devient l’héritière du duché fortement disputé par la France. Ruiné par une guerre interminable, son peuple sacrifie la petite duchesse en l’offrant au roi de la France en échange pour une paix désirée.

27 janvier 1547
Le plus controversé roi de l’histoire d’Angleterre, Henry VIII, trouve sa mort au Palais de Whitehall après une vie tumultueuse et marquée par un grand nombre de guerres avec l’Espagne et la France, disputes religieuses, conflits avec le pape, six mariages à dénouement tragique, exécutions et hésitations concernant la légitimité de ses enfants.

29 janvier 1601
La reine de France la plus sage et pieuse, Louise de Lorraine, survie encore 12 ans après la mort de son mari Henri III, assassiné en 1589 suite aux conflits entre les protestants et les catholiques. Jusqu’à sa mort en 1601 elle prit un deuil qu'elle ne quitterait plus, donnant ainsi un exemple digne d’être suivi. La "Reine Blanche" a passé les dernières années de sa vie au château de Chenonceau, reçu en héritage de sa belle-mère.

Monday, December 13, 2010

Joyeux anniversaire, Henri IV!

Aujourd’hui, le 13 décembre, nous fêtons l’anniversaire d’Henri IV, le roi pacificateur et l’un des personnages les plus controversés de l’histoire de la France, et voilà pourquoi:
- Son avènement a apporté un changement de dynastie (Valois ->Bourbon), après 261 ans
- Né huguenot, il s’est illustré pendant les guerres de religion en tant que chef de son parti
- Pour accéder au trône de la France il a été obligé de se convertir au catholicisme
- Par l’édit de Nantes il a mis fin à plusieurs décennies de combats entre les protestants et les catholiques
- C’est le deuxième roi français qui meurt assassiné

Courte chronologie des moments marquants de sa vie:

1533, 13 décembre, naissance de Henri de Navarre à Pau (ses parents - Antoine de Bourbon, prince de sang, et Jeanne d’Albret, reine de Navarre)
1572, 18 août, mariage avec Marguerite de Valois, fille d'Henri II et Catherine de Médicis, pour tenter une réconciliation entre protestants et catholiques, geste qui a généré le massacre de la Saint-Barthélemy (août 1572)
1584, Henri de Navarre devient l’héritier de la couronne de France après la mort du duc d’Anjou, le frère du roi
1588, après la journée des Barricades, le roi de France Henri III se rallie à Henri de Navarre, chef du parti protestant, pour assiéger Paris et rétablir la paix dans le royaume
1593, après la mort d’Henri III (août 1589), Henri de Navarre abjure solennellement la confession protestante et se convertit au catholicisme pour faire valoir ses droits sur la couronne. Il est sacré à Chartres le 27 février 1594 sous le nom d'Henri IV.
1595, victoire à la Fontaine-Française, qui oppose le roi aux troupes de la Ligue et finalement apporte le démantèlement de la Ligue. Henri IV est reconnu par le Pape.
1598, signature de l’Edit de Nantes, qui offre aux huguenots la liberté de conscience, l’égalité civile et des garanties en matière de droits et qui marque la fin des guerres de religion. L'édit ne sera jamais entièrement respecté et finalement révoqué en 1685 par Louis XIV.
1599, en absence d'héritier, Henri IV répudie Margot et épouse en 1600 Marie de Médicis avec laquelle il aura six enfants, dont le futur Louis XIII.
1601, 27 septembre, naissance de son fils et successeur Louis XIII à Fontainebleau
1610, 14 mai, Henri IV est assassiné par un catholique fanatisé (François Ravaillac) dans la rue de Ferronnerie à Paris. Marie de Médicis va assurer la régence du royaume pendant la minorité de Louis XIII.
Après sa mort brutale, Henri IV devient une légende. Son règne est encore considéré comme l’âge d’or de la monarchie française. Ses erreurs oubliées, il ne reste que l’image d’un bon roi, brave, pacificateur, apprécié par ses sujets, malgré ses hésitations confessionnelles.

Monday, December 6, 2010

6 décembre, anniversaire du rattachement de la Bretagne à la France

1490. Après des siècles de conflits entre la France et la Bretagne, l’héritière du duché de Bretagne (de son père François II), Anne de Bretagne choisit tout d’abord d’épouser Maximilien de Habsbourg, le futur empereur d’Allemagne, pour préserver l’indépendance de son pays (depuis 1465 son père n’avait cessé de guerroyer contre Louis XI s’allliant avec ses ennemis). Le mariage par procuration n’a jamais été consommé. Charles VIII, le jeune roi de France, était lui même fiancé depuis son enfance à Marguerite d’Autriche, la fille de Maximilien.


La guerre contre la France était perdue en 1490 pour la Bretagne, et la petite reine attendait les secours de son mari. Celui-ci, pris ailleurs dans un conflit avec les Turcs, ne réagit pas. Les nobles de Bretagne supplient alors la jeune fille de mettre fin aux souffrances de son peuple et épouser le vainqueur, le roi de France. Au bout de quelques mois, elle consentit à un traité de paix dont sa main était l’enjeu. Après des fiançailles difficiles, causées par l’annulation de son mariage par procuration avec Maximilien ainsi que par la rupture d’engagement entre Charles et Marguerite d’Autriche, le mariage a finalement eu lieu le matin de 6 décembre 1491 à Langeais. Plusieurs témoins ont été présents, notamment: le duc Louis d'Orléans, le duc de Bourbon, les comtes d'Angoulême, de Foix et de Vendôme, le prince d'Orange, le chancelier Philippe de Montauban, le sire de Coëtquen.

A propos de cet événement, voici ci-dessous un extrait du livre de Simone Bertière "Les Reines de France aux temps de Valois", volume 1 "Le beau XVIe siècle":

"Pour la célébration du mariage on avait choisi une forteresse. Sur le site de Langeais, qui occupe un entablement rocheux dominant la rive gauche de la Loire, Louis XI avait fait bâtir un château fort inexpugnable. De quoi décourager Maximilien, pour le cas où il aurait tenté de faire enlever son ex-épouse (...) Les futurs conjoints se rendirent à Langeais séparément. Anne arriva la première. Charles la rejoignit plus discrètement encore, dans la nuit du 5 au 6 décembre par voie fluviale, accompagné d’une suite réduite. Et la Loire fut aussitôt interdite à tout trafic. La cérémonie eut lieu aussitôt, à l’aube du 6 décembre, en présence de quelques grands seigneurs triés sur le volet. (...)
Les termes en avaient été minutieusement pesés par les juristes français. Il s’agissait d’arrimer solidement la Bretagne à la France. La jeune femme conservait son titre ducal, mais abandonnait au roi l’administration de ses territoires. Dans un esprit d’apparente égalité, les deux époux se faisaient donation réciproque de tous leurs droits sur la province en cause, mais un jeu de clauses complexes en assurait, à la génération suivante, le rattachement à la France. On avait envisagé plusieurs cas. Si Anne mourait la première en laissant des enfants, ceux-ci héritaient naturellement d’elle. Dans le cas contraire, la Bretagne appartiendrait à Charles VIII. Si Charles mourait le premier, (...) pour empêcher sa veuve de reprendre la Bretagne et de l’apporter en dot à un nouveau mari, une clause très insolite stipulait qu’elle serait tenue d’épouser son successeur sur le trône de France. (...) Telle avait été la solution trouvée pour concilier les droits théoriques d’Anne sur sa province natale avec les intérêts français. (...)
Elle n’avait pas encore quinze ans, le roi en avait vingt et un. (...) Dès le 18 décembre, Charles, rassuré, la présente à sa bonne ville de Tours, qui lui fait un accueil chaleureux. Et en février, il la conduit à Paris pour être non seulement couronnée dans l’abbatiale de Saint-Denis, mais sacrée: c’est un honneur."

L’histoire a été dure avec ses protagonistes. Charles et Anne ont pris des engagements solennels avant leur mariage qu’il ont violés. Leurs malheurs ultérieurs sont ainsi expliquables (la perte de tous leurs enfants en bas âge et la mort prémature de Charles). On connait la suite de leur destin, en 1499 Anne épouse le cousin et le successeur de Charles, Louis XII. Le second contrat de mariage est quand même plus favorable à Anne, conservant ainsi l’autonomie, les privilèges et les institutions de sa province.

La scène du célèbre mariage symbolique entre la Bretagne et la France qui a eu lieu le 6 décembre 1491 est reproduite en personnages de cire dans une des grandes salles du château de Langeais.

Friday, October 22, 2010

Revue de livre de Gonzague Saint Bris "François Ier et la Renaissance"

Même si parfois on n’est pas entièrement d’accord avec l’auteur ou on a l’impression qu’il traite superficiellement certains chapitres de la vie de son héros, c’est un bon livre, plutôt romanesque.
Aborder la vie du grand François Ier dans le contexte de la Renaissance (qui a entièrement marqué son règne) est une approche intéressante et courageuse.
Gonzague Saint-Bris nous fait découvrir les qualités du roi et de l’homme François Ier – bon cavalier, expert aux armes, chasseur passionné, fin observateur des arts, protecteurs des architectes et des artistes qui sont invités à embellir les résidences royales. Côté politique, François a le goût pour écouter, apprendre et s’inspirer mais ne cesse pas de guerroyer comme un chevalier accompli et itinérant de son temps. Son histoire est à la fois captivante (l’ascension au trône de la France n’était pas tout à fait prédictible à sa naissance, la captivité en Espagne, le changement d’attitude envers les protestants), tragique (la mort précoce de la reine Claude, de sa mère Louise de Savoie et du dauphin) mais toujours fascinante (il préfère s’allier avec Soliman le Magnifique qu’avec Henri VIII d’Angleterre ou l’empereur Charles Quint).
Sa personnalité forte et magnétique attire pas seulement les femmes, quoique se sont elles qui l’entourent et dominent sa vie depuis son enfance (sa sœur Marguerite de Valois/Navarre, sa mère Louise de Savoie, la duchesse de Châteaubriant ou la duchesse d’Etampes – figures marquantes du début du XVIe siècle par leur intelligence), mais aussi le peuple qui apprécie ses efforts de visiter toutes les régions de son royaume, prendre contact directement avec ses sujets et accroitre de cette façon sa légitimité. Le roi est reconnu et aimé partout, incarnant ainsi le monarque idéal qui respecte ses sujets et affermi le pouvoir royal. Même dans ses échecs, il n’est jamais abandonné par les Français (sa captivité a renforcé sa popularité).
"L’autorité de François Ier est plus grande que n’a été celle d’un roi de France depuis longtemps", affirme Gonzague Saint-Bris qui nous révèle la formule du roi idéal dans la Renaissance: roi chevalier + roi lettré + roi amoureux + roi politique (100% appliquée à François Ier).
L’auteur a une vision innovatrice sur la modalité de rédiger une biographie historique; il ne suit pas seulement son modèle mais se penche sur une analyse rigoureuse de l’époque afin de nous présenter un personnage plus complet et vraisemblable. Il nous rappelle que la Renaissance c’est aussi la période de Rabelais, de Nostradamus, Copernic, Da Vinci, etc.
A savoir:
- François Ier a introduit la langue française comme langue administrative unique en France
- Il est le premier à envoyer des ambassadeurs permanents en autres pays et des navires au nouveau monde (Amérique et Canada)
- Même si tolérant envers les protestants au début de son règne il déclenche une vague de persécutions après l’affaire des placards
- Le roi a passé seulement 45 jours de son règne à Chambord, pourtant c’était sa plus grande fierté
- Il a eu l’initiative de fonder la Bibliothèque Royale (qui est devenue plus tard la Bibliothèque Nationale de France) ainsi que le Collège de France
- Ses résidences préférées étaient Fontainebleau, Amboise, Blois et Romorantin
- La relation avec Anne de Pisseleu a duré 21 ans, jusqu’à sa mort
- François Ier a réduit le pouvoir du pape sur l’église de France en instituant la soumission totale du clergé au roi
Conclusion: "François Ier et la Renaissance" est un ouvrage savoureux et agréable pour ceux qui sont passionnés par la Renaissance ou les Valois.

Friday, October 8, 2010

Plessis-lès-Tours, le château oublié


Situé dans la commune Riche, près de Tours (dép. Indre-et-Loire), le château de Plessis-lès-Tours (also known as Montils-lès-Tours) abrite à présent un théâtre et plusieurs expositions. Il n’est presque jamais visité pas les touristes et peu de Tourangeaux savent où il se trouve et quelle est son histoire.

Pour moi, c’est un endroit important dans deux sens:
1. C’était la demeure favorite de Louis XI, il l’a achetée en 1468 et y est décédé en 1483, en plus, c’est ici que Charles VIII a emmené sa femme Anne de Bretagne après leur mariage et c’est ici que leur premier enfant est né en 1492 (malheureusement il n’a pas survécu).
2. Plessis-lès-Tours a été le lieu de rencontre entre Henri III et Henri de Navarre (futur Henri IV) après l’assassinat du duc de Guise pour s’allier à reconquérir Paris et affronter la ligue catholique en 1589, quelques mois avant la mort du roi.
Sa construction date donc du XVe siècle, achevée au XIXe siècle. De dimensions assez réduites, si comparé aux autres châteaux de la Renaissance, Plessis-lès-Tours a quand même son charme particulier provenant d’une atmosphère imprégnée d’histoire et d’un paysage idyllique. Le petit parc aux arbres séculaires qui entourent le château est dominé par un silence monumental, portant respect au symbolisme de l’endroit.

Wednesday, September 1, 2010

Premières impressions sur Tours


Une ville magique, aux boulevards animés, pleins de touristes en centre, des rues presque vides pendant toute la journée, avec des maisons mignonnes, beaucoup de brasseries attractives, magasins chics, églises anciennes...

J’ai déjà compris où est le nord et où est le sud, voilà un progrès après seulement deux jours! :))
Les distances sont acceptables, du coup la marche à pied est une activité ordinaire pour les habitants de Tours. Un peu fatiguant pour une fille aux talons comme moi, mais je crois que je m’habituerai très vite!










Photos Tours

Wednesday, July 21, 2010

Revue de livre Jean-François Solnon "Henri III"

J’ai toujours été fascinée par le destin des enfants de Catherine de Médicis, surtout celui d’Henri III, avec qui s’éteigne la dynastie de Valois qui a dominé la scène politique de la France entre 1358 et 1589.
L’auteur du livre nous entraine dans l’aventure de sa vie, depuis sa naissance le 19 septembre 1551 à Fontainebleau, jusqu’à sa mort tragique survenue suite à un assassinat le 1er août 1589 au château de Saint-Cloud.
Henri, né Alexandre Édouard, a passé son enfance entre Blois, Fontainebleau, Amboise, Vincennes et Rambouillet à côté de ses frères et soeurs François (II), Charles (IX), Margot (reine de Navarre) et Marie Stuart. Après la mort de François II et l’avènement de Charles IX, en pleine maturité, il devient une sorte de vice-roi et commandant de l’armée responsable de la victoire de Jarnac et du siège de la Rochelle. Même si son comportement s’avérait plutôt ultra-catholique, Solnon exclue toute participation d’Henri dans les décisions prises pendant le massacre de la Sainte Barthélemy, premièrement à cause de son esprit tolérant et deuxièmement à cause de sa position comme candidat au trône d’une Pologne quasi-protestante.
Longtemps amoureux de Marie de Clèves il a énormément souffert en apprenant son mariage et puis sa mort. Elle a été la passion de sa vie, même s’il a montré plus tard beaucoup de respect et amour pour sa femme, Louise de Vaudémont.
Pendant le siège de la Rochelle en juin 1572 il apprend son élection au trône de Pologne (grâce à ses qualités militaires) mais ne s’empresse pas d’y partir. La santé fragile de Charles IX lui donne l’espoir d’hériter le trône de la France, ayant l’appui de sa mère Catherine. Il considérait la Pologne comme un exil.
C’est devant la Rochelle et puis dans son chemin vers la Pologne qu’il commence à constituer son entourage privé des futurs mignons: Saint-Luc, Caylus, La Valette, Saint-Sulpice, François d’O.
L’aventure de Pologne a été un échec. Aussitôt qu’il a appris la mort de son frère en juin 1574 la fuite vers la France devient inévitable.
C’est vrai que jamais aucun prince n’avait été plus impatiemment attendu par la France. Jeune, intelligent, bon militaire, religieux et bureaucrate, Henri III possédait toutes les qualités pour continuer la tradition de son grand-père François I.
Malgré les espérances, 15 ans plus tard, il devenait le plus détesté, haï et calomnié roi que la France a jamais eu. Ce qui me parait le plus curieux est notamment son caractère trop alternant et inconstant. Dans sa jeunesse il a démontré des capacités excellentes comme capitaine, guerrier, homme politique, mais aussi intellectuel raffiné (beaucoup plus raffiné que ses frères et qui avait plutôt des affinités intellectuelles avec sa sœur Marguerite). Toute l’Europe le voyait comme un autre François I. Mais dans la seconde moitié de sa vie, après avoir occupé le trône de la France, il se montre faible, craignant, instable. Sa prédilection pour la pénitence, la douleur, la foi excessive aussi comme son attachement à quelques bourgeois qu’il préfère dans son entourage plus que les membres de sa famille, relève un autre Henri, que sa mère Catherine ne connaissait pas, que la France ne pouvait pas anticiper. Comment a pu-t-il changer de cette manière en quelques années? Le vainqueur de Jarnac devient le roi désarmé, envahi par l’autorité des Guises et le travesti à mœurs dubitatifs…
Solnon explique cette transformation par la situation de la France à la fin du XVIème siècle: le pays étant divisé entre protestants et catholiques après huit guerres de religion, l’autorité royale ruinée.  Les passions ultra catholiques ont condamné Henri à la guerre contre les protestants et à défendre sa position contre le Balafré (François de Guise) qui a signé un traité d’alliance avec l’Espagne dans l’espoir de succéder au trône de la France. Monsieur son frère, François d’Anjou a aussi contribué à l’impopularité du roi par ses nombreuses fuites, révoltes et rêves de conquérir un royaume. Après sa mort en 1584, le duc de Guise devient l’ennemi numéro 1 d’Henri.  La vie du roi reste en danger surtout après l’occupation de la capitale par les ligueurs en 1588. Il est impuissant et faible, forcé d’exclure Henri de Navarre de la succession.
Á l’occasion des États Généraux de Blois, le soir de Noël 1588 Henri III donne l’ordre de tuer le duc de Guise, suite à une nécessité politique. Mais la paix ne s’installe ni dans son pays ni dans son âme. Plus acharnés que jamais, les ligueurs ne désirent que la vengeance de leur chef et organise l’assassinat du roi, le 1er août 1589, par l’intermédiaire d’un moine fanatique, Jacques Clément.
Le dernier Valois disparait ainsi sans héritier, laissant une nation plongée dans le désastre de la guerre civile. Pour la première fois personne n’a prononcé la célèbre formule: "Le roi est mort, vive le roi!" car la perspective d’un roi protestant était à ce moment-là innaceptable. Pourtant, après des luttes sanglantes et sa conversion au catholicisme, Henri IV, le premier Bourbon, accédera au trône de la France et initiera l’ère de la modernité.

Un bon livre, très compacte et objectif, à recommander pour des études sur la personnalité d’Henri III ainsi que pour une lecture agréable.

Voilà quelques citations que j’ai particulièrement aimé:

"La popularité d’Henri n’avait été qu’un soleil de janvier"
"Ce que j’aime c’est avec extrémêté" (Henri III)
"Il (le roi) redoute la défaite catholique, cependant il la désire"
"Mon fils, c’est bien taillé, mais il faut coudre" (Catherine de Médicis à propos de l’assassinat du duc de Guise)

Monday, June 14, 2010

Blagues tristes sur la situation actuelle de la Belgique

1)  Une salle de spectacles à Bruxelles où sont réunis un grand nombre d’artistes du pays. Dans un micro, une voix dit aux Flamands de s’installer à droite, aux Wallons à gauche. Des voix s’élèvent alors : «Et nous les Belges, on se met où ?»


2) L’immeuble de la célèbre radio télévision belge, Bruxelles, qui abrite les journalistes francophones et flamands. Lesquels sont virtuellement séparés par un mur. Sur la porte de la partie francophone du bâtiment, on peut lire : «Ici, on parle le français.» Sur l’autre porte, celle des Flamands, il est écrit : «Ici, on ne parle pas, on travaille.»

Tuesday, June 1, 2010

Revue de livre de Jean-François Solnon "Catherine de Médicis"


Dans son livre, tout à fait intéressant et facile à lire, l’auteur défend la réputation de Catherine et montre son rôle positif dans l’histoire de la France, apportant des arguments pour combattre la légende qui envisageait Catherine plutôt comme une veuve noire avide de pouvoir qui empoisonnait ses enfants.
C’est Alexandre Dumas père qui a créé cette impression, très feignante. Dans ses romans la reine apparait toujours comme une sorcière méchante qui conspirait et concevait des complots.
La mission de Jean-François Solnon est de démystifier, réhabiliter l’héroïne et montrer ses mérites dans la politique des guerres de religion en France au XVIème siècle.
L'image de la "Florentine empoisonneuse" est donc remplacée par celle d’une reine soucieuse pour la paix, le pouvoir du Royaume et l’avenir de la dynastie des Valois.
L’auteur affirme qu’elle n’a eu aucune contribution aux décisions prises pendant le massacre de St. Barthelemy, étant contrainte de donner son accord à l’exécution des huguenots pour éviter une guerre avec l’Espagne, alimentée par les rebels en Pays-Bas.
En fait, les preuves sur la participation de Catherine dans cette affaire restent encore inconnues, ou au moins douteuses pour affirmer avec certitude son innocence. Catherine croyait tellement en la raison et la paix qu’elle mésestimait parfois les passions religieuses. Voilà la devise de la politique menée par la meilleure reine politicienne que la France a jamais connu: "Un compromis vaut mieux que la reprise de guerre!"

Et enfin quelques détails que je ne connaissais pas sur la vie de Catherine de Médicis :

- Catherine par sa mère était aussi française (apparentée à la maison de Bourbon)
- Diane de Poitiers était sa cousine, par sa mère
- François I a été le père qui lui avait manqué
- A sa mort, Margot manquait du testament à cause de son comportement pendant le règne d’Henri III
- Orpheline à naissance, veuve à 40 ans, elle a vu 8 de ses enfants mourir avant elle

Friday, May 28, 2010

Hommage à Arthur Rimbaud

Dans mon adolescence j’avais l’habitude de beaucoup lire, surtout poésie, philosophie, littérature. Mon poète préféré français était alors le symboliste Arthur Rimbaud. Je suis encore fascinée par l’histoire de sa vie, assez dramatique. En fait, je trouve une petite ressemblance entre moi et Rimbaud, sauf qu’il a été plus génial que moi!

Il a écrit tout son œuvre poétique entre l’âge de 16 ans et 21 ans. Moi, j’ai écrit mes meilleurs vers entre l’âge de 16 et 21 ans! Coïncidence ou destin?

A présent je n’ai plus d’inspiration, plus de temps, tandis qu’à cette époque-là, l’inspiration me venait naturellement. J’étais étudiante, jeune, libre, rêveuse, amoureuse parfois… Malheureusement, ça ne marche plus comme avant.

Sinon, la vie de Rimbaud est passionnante. Il a quitté sa mère à 16 ans pour rejoindre son ami Verlaine à Paris ; il était tout à fait non-conformiste, ensemble, ils ont voyagé en Angleterre et vécu une histoire d’amour troublante, car Verlaine était marié. Deux génies fous et malentendus par la société et leurs familles… Rimbaud n’était qu’un enfant éternel, toujours curieux et décidé à conquérir le monde entier. Il a abandonné la poésie pour se lancer dans le commerce en Afrique, ayant marché des milliers de km dans sa vie pour mourir à 36 ans d’une gangrène de la jambe.

Sans doute, il y a une relation spéciale entre moi et Rimbaud. En même temps, nous sommes différents; je manque le courage de renoncer à tout et fuir sans avoir les moyens nécessaires pour une stabilité quelconque.

Un monde tragique

Rien n’a changé depuis les guerres de religion du 16ème siècle, on lutte encore et on tue pour imposer son point de vue, que ce soit religion, orientation sexuelle ou avis politique. Un monde tragique qui n’évolue pas...